/!\ Avant de lire cet article, il est conseillé de connaître un minimum le MBTI. Si ce n'est pas le cas, par ici ! /!\

Vous l’attendiez, la voici : la fiche MBTI de l’INFP. Parce que dans l’Antre, on aime parler des gens bizarres et incompris qui sauvent le monde dans leur cœur (et parfois en vrai, aussi). Je sais qu’il y a beaucoup de lecteurs INFP sur ce blog : ceci m’a fort arrangé quand j’ai eu besoin d’en interroger quelques-uns pour l’article, au vu de mes difficultés à « saisir » ce type. Merci encore à ceux qui m'ont filé un coup de main. Bonne lecture !

Tour d’horizon de l’INFP


      
 Je trouverai ce qui vous fait grandir !

Initiales : Introversion Intuition Sentiment Perception
Nom : Le guérisseur
Classification : Ce type appartient au tempérament Idéaliste (NF) et au sous-tempérament Avocat (NFP).
Représentation : Environ 4 % de la population, ce qui en fait un type rare. Il est plus fréquent chez les femmes.
Sa personnalité en quelques mots : Calme, sensible, rêveur, créatif, très fidèle à ses valeurs, original, tendances à la révolte.
Sa spécialité : Imaginer des possibilités de créer un monde plus en concordance avec ses valeurs.
Passe-temps de l’INFP lambda : Lire, écrire, pratiquer des activités artistiques, s’évader dans des mondes meilleurs, militer pour des causes diverses et variées, aligner des idées farfelues, combattre Sauron, Voldemort, les nazis et la Team Rocket en leur lançant des paillettes.   
Professions courantes : Métiers des lettres (écrivain, journaliste, éditeur, chercheur…), de la psychologie/psychiatrie, de l’art et de l’enseignement. Si l’INFP est à l’aise dans les secteurs théoriques, certains d’entre eux font aussi de bons acteurs/comédiens et humoristes. Son travail doit être en accord avec ses convictions et représenter un moteur d’épanouissement.
Ennéatypes courants : 4, 9 et 6.

Quelques INFP dans la culture :
Réels : William Shakespeare, Edgar Allan Poe, Albert Camus, J.R.R Tolkien, Jean-Jacques Rousseau, Laura Ingals Wilder, Oscar Wilde, Marcel Proust, Anne Franck, Vincent Van Gogh, John Lennon, J.K Rowling + environ la moitié des auteurs du mouvement littéraire romantique.
Fictifs : Belle (La Belle et la Bête de Disney), Frodon Sacquet (Le Seigneur des Anneaux), Lucy Pevensie (Narnia), Jamie Sullivan (A Walk to remember), Matthew Crawley (Downton Abbey), Norbert Dragonneau (Les Animaux fantastiques), Shinji Ikari (Neon Genesis Evangelion), Violette Parr (Les Indestructibles), Carl Fredrickson (Là-haut), Hanyuu Furude (Higurashi no naku koro ni), Madoka Kaname (Puella Magi Madoka Magica), Primrose Everden (Hunger Games)… Dans la fiction, l’INFP est dans l’immense majorité des cas du côté du « Bien », souvent le héros ou l’un de ses proches alliés. Il est alors présenté comme un porteur de convictions fortes qui triompheront du Mal. 


Plongeon dans le monde de l’INFP


Voyons de plus près le fonctionnement du plus idéaliste (mais pas moins analytique) de tous les types ! L’INFP est tellement confondu avec l’INFJ que je me suis sentie obligée d’écrire un article entier sur la fuckin’ différence entre ces deux types. Mais comme ça ne suffira sans doute pas, j’en parlerai encore ici, à l’occasion et entre autres.

Fonction dominante – Sentiment introverti (Fi)

L’INFP, comme l’ISFP, a pour fonction dominante le sentiment introverti (Fi). Sa personnalité est bâtie autour de ses émotions et les valeurs qui en découlent. A partir de ces valeurs, il se forge un code moral personnel auquel il tendra à être le plus loyal possible. L’INFP cherche à être lui-même et pour cela, il doit d’abord se connaître lui-même : il passe de longs moments immergé dans son monde, à observer ses émotions évoluer, former des fresques que lui seul peut déchiffrer… Il est important à ses yeux de maintenir une cohérence au sein de ce système : il pourra longuement chercher à supprimer les contradictions dans ses pensées et actions, afin d'atteindre un état d'harmonie. Par extension, il repère avec facilité les incohérences dans les sentiments et engagements d'autrui. En général, il préfère même un interlocuteur ayant des valeurs éloignées des siennes mais cohérentes, qu'un interlocuteur dont les actes ne correspondent pas aux propos.

L'INFP aimerait pouvoir partager son spectacle intérieur avec les autres, mais il lui est impossible de retranscrire exactement de ce qu’il vit en termes conventionnels. Ainsi, malgré l’intensité et la chaleur qu’il dissimule, l’INFP peine à exprimer ses ressentis et peut sembler froid. Il déplore alors le décalage entre son réel vécu et la manière dont on le perçoit. Ceci le met aux prises avec un sentiment d’inadaptation sociale. Avec un traitement émotionnel si lent et compliqué (c’est qu’il a beaucoup de matière à gérer !), il n’est pas étonnant que l’INFP ne s’ouvre pas au premier venu. Ses amitiés véritables sont rares, mais tout aussi profondes et précieuses : concentré sur l’individualité de l’autre, il a le don de percevoir quelle essence unique l’anime. Contrairement aux FJ, qui ont tendance à vouloir influencer autrui, l'INFP rechigne à toucher au bois duquel les autres sont faits, par projection. Hormis lorsqu'il est sous l'emprise de sa fonction inférieure, il ne cherche pas à imposer son opinion.

Le plus important dans la vie de l’INFP, outre demeurer authentique et être fidèle aux gens qu’il aime, est de faire vivre ses valeurs à travers ses projets. Son travail, ses fréquentations, ses activités : tout doit être aligné avec son système intime. Quoique ouvert d’esprit, il rejettera ce qui s’y oppose frontalement pour préserver son équilibre. Ainsi en pleine harmonie avec lui-même, l’INFP s’épanouit et devient capable de rayonner sur le monde. Et vous vous doutez qu’en fier représentant du tempérament NF, il le fera souvent en adhérant à des causes. Dissident dans l’âme (il se fiche des normes sociales et autres mondanités futiles), il pourra déployer énormément d’énergie pour défendre ses idéaux. A l’instar de l’ISFP, il éprouve une affection particulière pour les minorités fragiles, rejetées ou peu visibles : handicapés, petits animaux, victimes de discriminations… (Les xNFJ sont plus sensible à la notion d’humanité dans son ensemble.) L’INFP est ce genre de personne qui nourrit tous les soirs les chats errants de son quartier, avant d’aller dîner avec son assoc’, une poignée de réfugiés et une patrouille de scouts qui passait par-là.  (Vous savez désormais que si votre chien ne sait pas garder la maison, c’est qu’il est probablement Fi-dom. Ou que le cambrioleur est Fi-dom, ce qui implique que tous les animaux sont ses amis.) 

« Merde Gérard, on avait dit quoi pour les raton-laveurs ? - Mais il était tout seul, dans le froid, le pauvre chou… et puis regarde ses yeux, là, awww <3 »

Vous l’aurez compris : l’INFP mérite des câlins, pour le remercier de contribuer à rendre l’humanité moins pourrie… ET POURTANT, il a tendance à avoir une estime de soi très basse. Il est même probable qu’il soit persuadé d’être un monstre horrible, trompant le monde entier et indigne d’une quelconque manifestation d’amour. En effet, son perfectionnisme est parfois si extrême qu’il devient aussi méchant avec lui-même qu’il est tendre avec son élevage de gerbilles. (Et ce n’est pas son aversion pour les critiques qui va l’aider…) L’INFP aimerait honorer le plus possible les valeurs qui lui sont chères, et peut s’en vouloir terriblement de ne jamais atteindre cet idéal. Mais nous y reviendrons plus tard dans l’article…

Fonction auxiliaire – Intuition extravertie (Ne)

L’intuition extravertie permet de générer de nouvelles idées à partir de ce qui est extérieur à l’individu. Cette fonction permet à l’INFP de se décentrer de lui-même pour s’intéresser à ce qui l’entoure. Lorsqu’il développe Ne (en principe entre l’adolescence et le début de l’âge adulte), l’INFP ressent l’envie d’explorer d’autres points de vue, remuer et échanger toujours plus d’idées… Beaucoup adorent voyager, afin de découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux paysages inspirants. Ils peuvent aussi étudier (surtout les Sciences humaines) ou développer leur réseau de connaissances, à la recherche de dialogues autour des valeurs de chacun. En accumulant ces expériences, l’INFP va enrichir ses propres valeurs et se sentir plus heureux. Avec un binôme Fi-Ne bien entretenu, il deviendra tolérant et curieux des autres, tout en sachant défendre ce qui lui tient à cœur. 

L’INFP va aussi se servir de Ne pour tenter de résoudre des situations contraires à ses valeurs. Couplée à sa passion, son imagination lui permet de se figurer à quoi devrait ressembler une société idéale et le pousse à trouver des moyens d’améliorer celle d’aujourd’hui. Si beaucoup d’INFP font d’excellents écrivains, c’est parce qu’ils sont doués pour créer des univers de toutes pièces, dans lesquels ils s’intégreraient parfaitement s’ils étaient aspirés entre les pages. De plus, l’INFP a souvent beaucoup d’humour et une fantaisie débordante, n’hésitant pas à donner vie aux idées les plus absurdes et imprévisibles. Malgré son introversion (en général doublée de timidité), il peut, comme son cousin ENFP, endosser le rôle de clown de service pour remonter le moral des troupes. Le risque est alors que les autres apprennent à l’aimer pour sa façade, sans s’intéresser à ce qu’il cache au fond de lui… (Un peu comme l’INFJ qui joue au larbin avec son Fe mais ne trouve personne pour causer métaphysique avec le boss Ni.)

En parlant de cela : le côté « révolutionnaire créatif » de l’INFP peut entraîner une confusion avec l’INFJ. Pourtant, ces deux types travaillent d’une façon tout à fait différente ! L’INFJ se dit « Il existe un problème. Qu’à cela ne tienne : c’est l’occasion d’engendrer une solution ! ». Il va étudier la situation en profondeur, générer une idée directrice, établir un plan suivant cette idée, puis appliquer sa stratégie. L’INFJ est un juge : il observe, écoute, construit sous la surface (le temps de faire pousser des dragons et une armée de milliers d’esclaves affranchis), et un beau jour il flanque un grand coup de marteau et tout est plié. D’où la préférence des NJ pour les monologues, où ils révèlent le fruit d’un processus gardé secret. L’INFP, lui, se dit plutôt « Je vais adapter mon point de vue, afin de percevoir en quoi ce problème n’en est finalement pas tant un… ». Il va explorer les possibilités autour du problème pour en découvrir un maximum de facettes. L’INFP est un percepteur : il procède par tâtonnements, rebondit, effectue des détours, voire rebrousse chemin… Au final, il ira au bout de ses projets grâce à une succession d’ajustements. D’où la préférence des NP pour les dialogues, où les idées sont sans cesse brassées. En bref, l’INFJ admet le problème et développe lentement une solution complète et efficace qu’il appliquera à terme, tandis que l’INFP transforme progressivement le problème en solution.

Note : Il ne faut pas s’étonner si les NJ fictifs adorent détruire la planète ou provoquer des révolutions à grande échelle. Dans leur tête, on résout les soucis en rasant tout et en recommençant ! Mais en réalité, cette conscience de l’ampleur colossale du travail à accomplir peut paralyser l’INFJ. C’est l’axe Ni-dom/Se-inf : sa vision du concept (Ni) est si précise, si parfaite, que son application (Se) lui paraît impossible et ceci le décourage. L’INFP, beaucoup plus souple dans son approche, craint moins de mettre les mains dans le cambouis. Il peut rappeler à l’INFJ qu’il n’est pas indispensable de faire un sans-faute dès le premier jet ! 

Fonction tertiaire - Sensation introvertie (Si)

La sensation introvertie établit des liens entre les sensations du moment et les souvenirs sensoriels de l’individu, cherchant à lui rappeler ses expériences passées. Elle amène à vouloir préserver ce qui a été. Chose qui n’intéresse pas grandement l’INFP, étant donné que la soif de découverte de Ne surpasse habituellement le désir de stabilité de Si.

Mais malgré son statut d’alien explorateur (c’est étrange : pourquoi je pense soudain à une cabine bleue qui vole ?), l’INFP tient à ses petits rituels. La combinaison Fi-Si le rend d’ailleurs très nostalgique et peut l’amener à s’attacher, malgré lui, à des lieux ou à des gens qu’il côtoie tous les jours. Plusieurs INFP m’ont rapporté s’être surpris à établir des connexions profondes avec des pairs, dans des situations où ils ne l’avaient pas spécialement cherché : par exemple, lors d’une année d’étude dans une petite classe, qu’ils pensaient avoir traversé sans trop s’impliquer. Faits très déroutants pour un type réputé lent à s’ouvrir sur le plan relationnel ! Eh bien, le temps était juste passé par là…
Comme son cousin l’INTP, l’INFP est assez bordélique et à tendance à oublier de prendre soin de son corps, bien que son cas ne soit pas aussi désespéré que celui des Si-inf (ENFP et ENTP). Ainsi, il pourra sauter des repas ou se coucher à des heures déraisonnées sans avoir l’impression que ceci pose le moindre souci (il se rattrapera plus tard, hein). En grandissant toutefois, il devient plus attentif à son bien-être et peut se prendre d’affection pour tout ce qui est produits naturels et autres régimes sains. Je n’ai pas trouvé d’étude officielle, mais je suis prête à parier qu’on trouve un pourcentage très élevé de végétariens/végétaliens/végan chez les INFP, comparé à la moyenne de la population : ils trouveraient dans ces résolutions un excellent moyen de concrétiser leurs idéaux.
S’il délaisse sa fonction Ne, l’INFP tombe dans une boucle Fi-Si : il s’isole et ressasse à l’infini ses souvenirs et sentiments passés, ceux-ci devenant de plus en plus négatifs. Noyé dans ces eaux sombres, il considère que tout ce qui est issu de Fi représente l’unique vérité, c’est pourquoi les idées des autres sont rejetées tout-de-go. Pour sortir de sa boucle, il doit parvenir à récupérer Ne en douceur, par exemple avec une activité créative, de la lecture…

Fonction inférieure – Pensée extravertie (Te)

La pensée extravertie veille à la cohérence du monde extérieur. Elle sert par exemple à construire des plans en évaluant les conséquences logiques de chaque action, leur temps de réalisation, etc. Elle est aussi utile pour argumenter ou déléguer des tâches. La fonction Te de l’INFP est inférieure : cela signifie que s’en servir lui coûte cher en énergie et qu’il la largue en cas de stress. D’une nature effacée, l’INFP n’est pas du genre à s’époumoner pour qu’on lui obéisse, tout le contraire de son ombre, l’ESTJ. Il a besoin de beaucoup de temps pour transformer ses idéaux en plans d'action, ainsi qu'à mettre en oeuvre ces derniers : son désir de coller à Fi le rend très perfectionniste, le dissuadant de lancer la machine tant qu'il semble possible de l'imprégner davantage de son essence personnelle. Sinon, il peut simplement ne pas voir l'intérêt à sortir de sa bulle.

Lorsqu’il est au calme, l'INFP peut trouver relaxant de faire des listes, réorganiser son intérieur ou pratiquer des petits jeux de logique, du genre sudoku, solitaire… Sous stress léger, il devient plus directif et pressé, manifestation d'une fonction Te trop souvent muselée. En revanche, quand la tension monte, tout se complique. Il commence par perdre contact avec Te pour se réfugier dans Fi, sa fonction préférée. Plus il s’accroche à ses émotions, plus sa rationalité disparaît. Il se sent alors enlisé dans ses états d’âme et peine à formuler des réponses qui tiennent debout. L’INFP offensé peut se défendre avec des sursauts agressifs ou de petites phrases sarcastiques, mais se trouve démuni si on l’attaque sur les fondements logiques de sa position. Il a aussi tendance à cacher sa colère ou sa tristesse durant un moment, faute de savoir comment les exprimer avec des mots. (Ceci ne l’empêchera pas de passer des heures à réfléchir à ce qu’il aurait dû dire dans le passé.) On ne verra sans doute pas à quel point, pendant ce temps, la tempête se déchaîne en lui.

Dans un second temps, si le stress se prolonge et devient trop intense, l’INFP va abandonner Fi et se vautrer dans Te. En mode « dark-INFP », il devient hostile, manichéen et plus borné que jamais, obsédé par le contrôle (des autres !) et accusant les gens de tout faire pour l’exterminer - mais emmerdez-le encore un peu quand même, ça lui donne des raisons de continuer à se plaindre. Il songe à de terribles plans de vengeance, réfléchit à ce qu’il pourrait infliger de pire à untel pour le démolir, etc. Un certain nombre d’INFP m’a avoué que si les non-INFP étaient témoins des horreurs qu’eux-autres pouvaient concevoir, ils n’oseraient plus les approcher. (En fait un dark-INFP, c’est un NTJ avec une morale.) Plus tard, en revenant à Fi, il va s’en vouloir à un degré inimaginable d’avoir pu penser de telles choses : soyez-la pour l’aider à décuver ! Dites-lui que la colère est nécessaire pour évacuer nos pensées les plus sombres, et qu’il aurait autrement gardé tout ce poids en lui. Acceptez-le. Se sentir accepté dans toutes ses facettes émotionnelles est très important pour l’INFP. Comme l'ISFP, il lui faudra beaucoup de temps (30 bonnes années au moins) avant d'équilibrer cet aspect de lui.

Le pouvoir du guérisseur


Je voulais vous partager un peu de mon expérience de vie avec des INFP, afin d’illustrer ce qu’ils sont capables d’apporter au monde… 

Après des années collèges pas franchement cool, j’étais devenue une ado cynique et renfermée. J’étais seule depuis toujours, croyant dur comme fer que ça ne changerait jamais. (Et puisque j’ignorais ce qu’était une relation saine et enrichissante, je n’avais pas l’impression de louper quelque chose.) C’est alors qu’au lycée, j’ai rencontré une bande de filles, quasi-toutes IxFP. Elles furent les premières à distinguer mon humanité sous cette froide carapace, à oser donner quelques pichenettes pour la fendiller. A l’époque, je croyais que la terre entière voudrait me dépouiller jusqu’à l’os si j’avais le malheur de tendre une main. Elles, elles m’ont prises dans leurs bras. Elles m’ont écouté, encouragé, elles m’ont redonné goût à l’existence, elles m’ont appris à croire en moi et à m’intéresser un peu aux autres. Et comme ça. Gratuitement. Cette gentillesse sortie de nulle part, c’était tellement nouveau pour moi… Elles m’ont véritablement transformée. Je me suis fait d’autres amis depuis, de tous types (j’avoue que j’aurai fini par péter un câble à force de n’être entourée que d’ISFP et d'INFP…), mais peut-être que cela n’aurait jamais pu se produire si personne ne m’avait ainsi relevé. Si personne ne m’avait donné ma chance, voyant plus loin que mon apparence et les sales rumeurs qui courraient à mon sujet. Sans elles, j’aurais sans doute réussi sur le plan scolaire, mais que serait-il arrivé à mon cœur ? Je ne préfère pas l’imaginer.

C’est ça, le pouvoir du guérisseur.  


Communication avec l’INFP : un petit conseil


Je profite à nouveau de mes expériences pour aider. Bien que tout individu équilibré puisse aborder une large palette de sujets dans des styles communication différents, en fréquentant beaucoup de personnes d’un même type, une coloration générale finit par se dégager.

Si vous laissez des INFP entre eux (ou avec d’autres NF/Fi-dom), leur discussion finira forcément par tourner autour des notions de Bien et de Mal. L’INFP va évoquer ce qui lui semble acceptable ou non en société et pourquoi, en basant son jugement sur ses ressentis profonds et son expérience. Il va comparer l’état du monde actuel avec l’état dans lequel il serait si sa vision du Bien était appliquée, puis proposer des moyens de réduire l’écart entre les deux. S’il a bien développé son Ne, il va chercher à se nourrir de l’opinion de l’autre pour enrichir sa propre opinion (à moins que les paroles d’en face entrent en totale contradiction avec les valeurs fondatrices de l’INFP). Lors de discussions plus légères, il va s’appuyer davantage sur son intuition, en présentant ses dernières inventions débiles-mais-géniales, ou en partageant ce qu’il a vu/lu/entendu d’intéressant il y a peu (à mettre en lien avec ses valeurs, bien sûr). Ex : « J’ai lu un article sur telle culture étrangère, c’était captivant ! Alors, ça vous parle ou pas ? (sous-entendu : qu’est-ce que ça nous apporterait de nous imprégner plus de cette mentalité ?) » 

J’ai malheureusement fait souvent l'expérience d’INFP ne sachant pas composer avec des styles de communication éloignés, alors je me permets de fournir quelques conseils. Un cas fréquent, chers INFP : quand un type T vous bombarde d’une logique froide, alors que vous tentez désespérément de le faire réagir émotionnellement.  (J’ai cru comprendre que cette attitude vous blessait et vous énervait beaucoup.) Sachez qu’à cet instant, le type T n’est pas en train de vous signifier son indifférence ou de se moquer de vous ! En fait, il vous bombarde d’une logique froide précisément parce que vous tentez de le faire réagir émotionnellement. Pour lui, faire face aux sentiments d’autrui ne va pas de soi : cela lui demande une grosse quantité d’énergie. Et lorsque le niveau d’énergie est trop bas, il devient incapable de vous gérer. (A titre comparatif, c’est comme si vous étiez morts de fatigue et que soudain quelqu’un vous sautait dessus pour vous forcer à parler de systèmes logiques dans le style de Wikipédia.) Le type T considère alors votre attitude comme agressive et se défend avec ce qu’il maîtrise le mieux. Insister ne sert donc à rien, mais alors vraiment à rien. Au contraire, vous allez l’amener à se replier toujours plus, ou bien à vous parler d’une manière de plus en plus dure. Ce qui fera redoubler votre émotivité. Le cercle vicieux sera en marche…

Si vous tenez absolument à établir une connexion affective avec lui, laissez-le récupérer et revenez plus tard. Autrement, il faudra accepter de discuter avec un frigo pour cette fois-ci. Ce n’est pas qu’une question de volonté de la part du T, il a juste ses limites. N’hésitez pas à lui expliquer précisément ce que vous attendez de lui : demandez-lui un câlin, dites-lui qu’écouter sans répondre vous aiderait déjà beaucoup, etc. N’attendez pas qu’il devine vos besoins tout seul : il ne les devinera pas. Il n’est pas nécessairement réticent à vous aider, seulement un peu con émotionnellement. Pour finir, n’oubliez pas qu’il peut vous aider d’une autre manière, en décrivant une nouvelle vision de votre problème ou en vous construisant une solution en béton.


Chouettement vôtre !

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